2012-10-31

中國駐法大使稱改善中日關系鑰匙在日方

來源:中國新聞網

30日下午出版的法國《世界報》刊登中國駐法國大使孔泉的署名文章,向法國讀者闡述了釣魚島屬于中國的歷史和法理依據,并指出改善當前中日關系困難局面的鑰匙在日本手里。

孔泉在這篇題為《釣魚島屬于中國,不屬于日本》的文章中說,他在12年前擔任中國外交部發言人期間被問及最多的話題之一就是中日關系,具體而言是兩大問題,一是歷史問題,二是領土爭端。

在歷史問題上,孔泉以德國為例說明,一個勇于承認錯誤、改正錯誤的民族是一個自信的民族。日本前首相小泉多次參拜靖國神社,等于祭拜在二戰中犯有反人類罪的戰爭罪犯。歐洲同樣慘遭二戰浩劫,但德國對歷史問題的態度與日本截然相反。德國對歷史問題的態度,是今天歐洲和平和繁榮的基礎。

文章在談及領土爭端時強調,許多史料證明,釣魚島屬于中國。該文還援引法國史料證實,珍藏于法國國家圖書館的1772年德利勒、1778年德范貢迪、1817年布隆多等人繪制的多幅地圖,均注明釣魚島屬于中國。

孔泉向法國讀者介紹說,將釣魚島歸還中國,是二戰戰敗國日本根據協定必須承擔的法律義務。上世紀70年代兩國領導人就“擱置釣魚島爭議”達成的諒解和共識,是中日關系實現正常化的重要政治保障之一。在他擔任發言人期間,日方就開始在釣魚島上修建燈塔,直到這次變本加厲,對釣魚島實施所謂“國有化”,故意挑起事端,令中日關系再陷嚴重困難局面。

文章說,中國要發展經濟,改善人民生活,有太多的事情要做,需要用幾代人的時間去做,更加需要一個和平穩定的周邊環境。在當前世界經濟因危機而持續低迷的時刻,更需要中日攜手加強合作。中方不愿看到當前中日關系的困難局面持續下去。只是希望日方盡快改正錯誤。

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La Chine est propriétaire des îles Diaoyu et non le Japon

LE MONDE
Par Kong Quan, ambassadeur de Chine en France

Il y a douze ans, j'ai été nommé porte-parole du ministère des affaires étrangères, poste que j'ai occupé pendant cinq ans. Durant mon mandat, les questions qui m'ont été le plus souvent posées portaient sur les relations entre la Chine et le Japon autour de deux questions principales : les problèmes historiques et les contentieux territoriaux.

En 2006, le premier ministre japonais d'alors, Junichiro Koizumi, a tenu à visiter le sanctuaire Yasukuni, un acte synonyme d'hommage rendu aux criminels de guerre auteurs de crimes contre l'humanité pendant la seconde guerre mondiale. Comment peut-on imaginer que le peuple chinois et l'ensemble des peuples asiatiques victimes du militarisme japonais puissent l'accepter ?

L'Europe a aussi beaucoup souffert lors de la seconde guerre mondiale. Cependant, l'Allemagne a adopté une attitude radicalement opposée à celle du Japon. Je me rappelle encore vivement des scènes de la visite en 1970 du chancelier Willy Brandt en Pologne. Une nation qui a le courage de reconnaître ses erreurs et de les corriger est une nation confiante. L'attitude des Allemands à l'égard de leur passé a constitué la base de la paix et de la prospérité en Europe.

Aujourd'hui, les relations sino-japonaises se retrouvent une fois de plus dans une situation très difficile à cause du contentieux autour des îles Diaoyu. Bien des documents historiques ont prouvé que les îles Diaoyu faisaient partie intégrante de la Chine. Et s'agissant des documents anciens, que nous disent les documents historiques français ?

J'ai demandé à mes collaborateurs de consulter les précieuses archives de la Bibliothèque nationale française qui a mis à notre disposition des cartes établies par Guillaume Delisle en 1772, Didier Robert de Vaugondy en 1778 et Alexandre Blondeau en 1817. Toutes ces cartes ont démontré de façon claire l'appartenance des îles Diaoyu à la Chine.

La restitution de ces îles à la Chine est en fait un devoir que le Japon doit assurer en tant que pays vaincu de la seconde guerre mondiale conformément aux traités signés à la fin de la guerre. Au cours des négociations menées par la Chine et le Japon en vue de normalisation de leurs relations en 1972 et du traité de paix et d'amitié entre les deux pays en 1978, les dirigeants chinois comme Zhou Enlai et Deng Xiaoping ont proposé de laisser de côté ce contentieux. Cette proposition a fait l'objet d'un consensus entre les deux pays confirmé par les premiers ministres japonais de l'époque, Kakuei Tanaka et Takeo Fukuda. C'était une des cautions essentielles pour toute normalisation des relations sino-japonaises.

La Chine souhaite développer son économie, améliorer les conditions de vie de sa population. Tant de choses lui restent à faire et qui nécessitent des efforts de plusieurs générations. La Chine a besoin, de ce point de vue, plus que les autres, d'un environnement de paix et de stabilité.

Lorsque j'étais porte-parole du ministère des affaires étrangères, le Japon avait déjà commencé la construction de phares sur les îles Diaoyu. Tout récemment, dans le prolongement de sa logique, le Japon a ravivé intentionnellement le feu en "nationalisant" l'île.

La Chine et le Japon partagent une proximité géographique, une similitude culturelle et une interdépendance économique. Quarante ans depuis la normalisation des relations sino-japonaises, le volume du commerce entre les deux pays a atteint 340 milliards de dollars (260 milliards d'euros). L'interdépendance économique et commerciale est profonde, et nul ne peut la briser. Alors que l'économie mondiale souffre actuellement d'un ralentissement soutenu, il est d'autant plus nécessaire à la Chine et au Japon de renforcer, main dans la main, leur coopération.

La Chine ne veut pas que cette situation difficile perdure. Nous souhaitons simplement que la partie japonaise corrige au plus vite ses erreurs. La balle est maintenant dans le camp du Japon.

Kong Quan, ambassadeur de Chine en France


Situées en mer de Chine orientale, les îles dénommées Senkaku en japonais et Diaoyu en chinois, font l'objet d'un vif différend entre Pékin et Tokyo